|
La contribution
scientifique que je ferai ici est d'un genre un peu particulier.
Riccardo Balli a bien précisé, en me présentant, que je suis un
bizarrologue, ce qui veut dire que j'aime bien collectionner,
lire et étudier un grand nombre de choses inutiles, dans la mesure
où ce sont celles qui m'intéressent principalement : ce n'est
pas un hasard si je possède une bibliothèque entière absolument
démentielle qui me permet de farfouiller dans les théories les
plus étranges qui ont pu circuler. Certaines même ont été injustement
oubliées par l'histoire, la science ou la culture et je considère
qu'il faut également les récupérer, parce qu'elles peuvent permettre
de très importants sauts technologiques ou même, comme c'est le
cas aujourd'hui, de faire l'hypothèse d'une exploration de l'espace
qui aille au-delà de toute technologie. Je vous parlerai donc
de la méthode Calligaris.
Le professeur Calligaris (1876-1944) était un médecin célèbre,
professeur de neurobiologie à l'Université de Rome et quelques-unes
de ses études, en particulier celle sur la circulation du sang,
ont été pendant longtemps des références de premier ordre parmi
les publications scientifiques et sont encore aujourd'hui citées
dans la littérature de ce domaine. Mais au cours de ses recherches,
le professeur Calligaris avait également fait une étrange découverte.
En examinant un patient, il avait remarqué que si on touchait
celui-ci en différents points particuliers de son corps, des réactions
plutôt curieuses se manifestaient. On percevait une sensation
de froid qui semblait dépendre d'une différence de voltage de
sa peau selon certaines lignes qui, une fois repérées, s'avéraient
être des lignes droites. Il découvrit en pratique que le corps
humain était partagé de haut en bas et circulairement selon des
lignes analogues à des méridiens. Les lignes les plus importantes
s'accompagnent de plusieurs méridiens secondaires - et la principale
passe par exemple par le sommet du médium, alors que d'autres
passent et coïncident avec la ligne des mamelons ou avec l'épaule.
Le professeur a remarqué quelque chose que personne d'autre n'avait
vu avant lui : en percutant ces zones avec de petits marteaux,
le patient réagissait. Si le marteau était conservé par exemple
dans de l'eau glacée, le patient ressentait indiscutablement des
sensations de froid. Et d'autres réactions semblaient démontrer
quelque caractéristique particulière de ces zones du corps du
patient.
À partir de là, le professeur s'est livré à une étude importante,
en éditant pas moins d'une vingtaine de volumes de plus de 600
pages chacun, dont certains sont vendus sous forme de photocopies
pour des centaines de milliers de lires par la maison d'édition
Andromeda à Bologne. Il se trouve que, comme s'il s'agissait d'un
complot, treize des maisons d'édition chez qui il publia ses travaux,
firent faillite aussitôt après la parution de son manuel. Il est
évident qu'il y eut un climat psychique d'hostilité à l'égard
de la découverte qu'il était en train de faire ; une découverte
d'autant plus retentissante qu'elle s'applique à presque tous
les domaines: il suffit de penser qu'à travers elle il fut en
mesure de soigner presque toutes les maladies existantes, et surtout
le cancer. Il découvrit aussitôt de quoi il s'agissait, en reconnaissant
un microbe qui avait la forme d'une roue dentée et qu'il nomma
pour cette raison la "sphérole dentée": il suffisait d'identifier
l'encoche correspondant à la présence du microbe et de la percuter
avec le petit marteau, et le cancer disparaissait. Comment fit-il
pour découvrir la présence du microbe ? A travers une autre caractéristique
de la méthode Calligaris, à savoir la photo cutanée. L'universitaire
romain s'était rendu compte qu'en stimulant ces points et en mettant
le patient au contact d'un objet regardé fixement, on parvenait
à dessiner l'image de l'objet en différentes parties de son corps.
Les photos qu'il prit de verres et autres ustensiles que ses patients
regardaient et qui étaient photographiés par le corps même du
patient sont surprenantes, et il en advint de même avec des images
rougeâtres de lampadaires et autres objets présents dans la maison
du docteur. Il n'apparaît pas clairement si par la suite cet effet
disparaissait ou persistait, mais en tout cas l'effet était là.
En 1938, le professeur Calligaris fut convoqué par les autorités
académiques de l'Université de Rome et fut brutalement chassé
de l'Université sous le prétexte extravagant qu'il semblait donner
des signes effectifs de folie. Le Professeur Calligaris défia
les autorités, en invitant les membres présents de l'université
à assister immédiatement à une expérience, mais ces messieurs
ne voulurent rien voir ni entendre et, sans pouvoir se défendre,
Calligaris fut chassé de l'Université. Il subit alors un choc
terrible et mourut en 1944, non sans avoir pourtant fait la grande
découverte qui nous concerne tous et en particulier l'Association
des Astronautes Autonomes, à qui je voudrais soumettre cette idée
exceptionnelle d'un système qui nous permettrait même de nous
passer de navettes spatiales pour une exploration indépendante
de l'espace.
Au cours de ses derniers tests, le Professeur Calligaris expose
la plus surprenante de ses recherches, à savoir la possibilité
de voyager dans l'espace et de voir les planètes et leurs habitants
respectifs à travers les coups de marteaux dont j'ai déjà parlé
et à travers la percussion de certains points du corps. Attention,
les petits marteaux ne sont certes pas strictement nécessaires,
et il suffit de pousser avec n'importe quel objet, mais il faut
avoir beaucoup de patience, parce que, comme l'affirme Calligaris
lui-même, au début l'expérience ne réussit jamais. Il est important
pour cette technique que le patient pousse des cris : il fera
"Aaah!" chaque fois qu'il sera percuté par le marteau, et à partir
de la tonalité du "Aaah" qu'il aura proféré, on comprendra s'il
a réellement atteint ou pas encore la condition adéquate pour
passer à un autre niveau de conscience.
Calligaris découvre substantiellement tout une série de points
importants du corps et décrit minutieusement ce qu'il advient
en cas de pression. Ces points permettent de regarder les étoiles
et de les agrandir sans recourir à un télescope, d'explorer directement
les planètes du système solaire, mais aussi celles d'autres systèmes.
Calligaris a laissé à travers les récits de ses patients des visions
extrêmement fascinantes, réalistes et crédibles des mers et des
habitants de Mars, qui sembleraient être plutôt des arthropodes
que des êtres humains au sens strict. Mais lui les a vus, et ses
patients les ont vus. Alors la question se pose : comment se fait-il
que lors des missions spatiales aucune mer ni aucun habitant n'ont
été repérés sur la planète Mars? Il y a deux possibilités : soit
ce qu'on nous dit ne sont que des énormes mensonges, ce que confirme
d'ailleurs ce qu'on a su de l'alunissage, parce qu'on ne veut
pas nous révéler la présence de martiens pétillants sur d'autres
planètes, ou alors nous devons prendre en compte un phénomène
collatéral, à savoir que le patient, en plus du fait qu'il ait
pu voir les planètes, se décomposait dans le temps et l'espace.
Bien au courant des tendances culturelles et scientifiques dominantes,
Calligaris affirme en bon einsteinien et avec une parfaite conviction
que le temps et l'espace sont une seule et même chose qui, en
substance, n'existent pas. C'est pourquoi il n'est pas dit que
le patient qui voit les habitants de Mars, puisse voir également
ses contemporains ; il peut avoir vu des individus qui remontent
à des milliards d'années, ou qui existeront dans un milliard d'années.
Cela me semble une affirmation qui ne peut prêter à aucune controverse
pour dire que les démentis infligés aux théories de Calligaris,
exposées en vingt volumes au contenu strictement scientifique
ne m'ont pas convaincu et témoignent d'un scepticisme véritablement
déplacé par rapport à l'œuvre d'un scientifique si fortement engagé.
Qu'a vu Calligaris en plus de ce dont j'ai déjà parlé ? Les habitants
de Vénus par exemple, et ce sont peut-être les seuls qui, à l'intérieur
du système solaire, peuvent être véritablement contemplés avec
précision; et il est même possible, en se forçant un peu, d'établir
avec eux un bon contact.
Mais il a vu aussi les habitants de mondes très lointains, de
systèmes solaires encore inconnus. Le tout à travers une instrumentation
qui peut consister en un simple marteau et même pas nécessairement,
dans le mesure où, si l'on est en possession d'une carte détaillée
des points d'intersection entre les méridiens et les parrallèles
du corps humain (les placche c.d.), je peux faire ce type
de voyage également à partir d'une simple pression.
Sur le plan explicatif la théorie de Calligaris était, en vérité,
plutôt lacunaire: il se réclamait certes de la très ancienne théorie
de l'homme comme microcosme reflétant un macrocosme, et selon
laquelle il existerait donc une correspondance directe entre le
corps humain et les planètes, sinon même entre les atomes du corps
humain et le cosmos tout entier. Les placche de la peau ne serait
pas autre chose sinon des portes dans lesquelles des rayons provenant
du cosmos et des rayons émanant du corps se confondent avec des
rayons émanant de la pensée, et allant former un grand esprit
universel qui n'était compris et interprété que selon son accessibilité
technique.
Bien qu'il manque de livres récents sur lui, il est encore possible
de trouver des volumes fondamentaux : celui dont j'ai extrait
les planches que je vous ai montré s'intitule Calligaris précurseur
d'une ère nouvelle. Il a été écrit par deux de ses disciples
il y a vingt-cinq ans, mais je crois qu'on peut encore le trouver.
En lisant ces choses je croyais qu'il ne s'agissait que de balivernes,
s'il n'était une expérience d'une très grande simplicité qui vous
révélera la vérité lapalissienne que Calligaris nous a donné sans
forcément la justifier entièrement au niveau théorique. Je vous
ai dit précédemment qu'un des principaux méridiens du corps humain
passe par le bout du médium: donc si vous appuyez ce doigt sur
le bord d'une table et exercez de temps en temps une pression,
vous activerez cette placca qui est sûrement l'une des
plus efficaces de toutes. Elle ne conduit pas aux planètes, pour
être franc, mais elle vous donnera en tout cas le don immédiat
de la voyance: c'est écrit en toutes lettres à la page 78 du volume
dont j'ai parlé. J'ai suivi fidèlement les instructions: dans
le livre il est écrit que le premières expériences ne réussissent
jamais, et en effet, je confirme que les premières expériences
n'ont jamais réussi. Le temps moyen est habituellement d'environ
dix minutes pour cette opération, mais les premières fois, plusieurs
heures sont nécessaires. Vous me direz : mais qui a suffisamment
de temps perdre pour rester là avec un doigt appuyé sur une table?
Je vous dis de penser au fait que vous aurez en retour le don
de voyance ; ne commencez pas avec vos discours de la médiocrité.
Essayez pendant des heures et réessayer encore. Ici. Maintenant.
Personnellement je peux vous dire que je me suis déjà avancé jusqu'au
seuil de la vision : j'en suis à au moins vingt expériences et
bien que je n'aie encore éprouvé aucune sensation, je sens que
j'en suis très près, mais aussi parce que j'ai senti une série
de réactions comme un froid aigu au doigt, surtout s'il fait froid
dehors, et également ces phénomènes de lassitude, d'épuisement,
d'impatience que le livre décrit parfaitement.
Je m'arrêterai ici en disant que nous avons à notre portée une
méthode qui nous permet d'explorer les planètes de notre choix,
de connaître le passé, le présent et le futur de vaincre le cancer
et presque toutes les autres maladies, et nous en sommes à nous
demander si nous ne perdons pas notre temps. Mais quand bien même
le perdrait-on, tenter une expérience qui n'a plus été tentée
depuis l'époque de Calligaris en vaudrait bien la peine. Vous
pourriez être les premiers à revoir les habitants de la planète
Mars, les canaux et les océans martiens.
|